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Bonnes pratiques

Vrai ou faux ? 8 idées sur le SaaS

  • David Gotchac
    CEO de E-DEAL

Connu comme l’un des secteurs les plus dynamiques du numérique, le SaaS ne cesse de gagner des parts de marché. En 2016, il aurait pesé 5,9 milliards d’euros. Comme tout eldorado, il entraîne avec lui une ribambelle de mythes, d’idées reçues… Parmi celles-ci, certaines sont justes, d’autres un peu moins. Voici l’état des lieux que je vous propose de faire.

Le SaaS présente une facilité d’accès plus importante… Pas toujours !

On confond souvent SaaS et accès au service depuis un navigateur web. Aujourd’hui, dans le secteur du CRM, quasiment tous les CRM sont accessibles en mode web. Et pourtant, certains éditeurs proposent leur logiciel sous la forme d’un abonnement (en mode hébergé), d’autres sous la forme de licence (en mode acquisition). Enfin, certains autres proposent l’un et l’autre avec un passage du SaaS à la licence facile. Le choix de l’entreprise dépendra de ses besoins.

Le SaaS est moins cher… Non !

Pour défendre cette affirmation, prenons un exemple. Pour un abonnement à 50 € par mois et par utilisateur, nous arriverons à un coût global de 1.800 € sur 3 ans. L’équivalent à l’achat serait une licence à 600 € auxquels nous ajoutons 15% de maintenant, soit 870 € sur 3 ans. En ajoutant les coûts d’infrastructure et d’hébergement, les deux solutions sont quasi équivalentes.
Attention à bien évaluer la durée de vie de votre solution. Dans le CRM, la durée de vie d’une solution (sauf accident : mauvais accueil des utilisateurs, révolution technologique…) est plus proche des 5 ans que des 3 ans annoncés plus haut.

Le SaaS est plus rapide à mettre en œuvre … Cela n’a rien à voir !

L’installation d’une solution CRM ne représente que 1 à 2% de la charge totale du projet. Il faut penser aux ateliers pour l’écriture du cahier des charges, aux ateliers de spécifications, à la formation des utilisateurs… Certains logiciels en SaaS sont moins paramétrables et moins ouverts, d’où une charge d’intégration moins forte. Ceci étant dit, rien n’interdit de moins paramétrer une solution flexible. Le dilemme SaaS ou licence sera plus une question de philosophie (itératif ou structuré) qu’une question liée à des facteurs techniques.

Le SaaS est souvent moins sécurisé … Non !

La première des craintes face au SaaS est de voir ses données pillées. Dans la réalité, il est faux de croire que ses données sont plus en sécurité chez soi que chez un hébergeur dont c’est la spécialité. Pour faire un raccourci (certes facile), il restera toujours plus sûr de mettre ses lingots à la banque que sous son matelas.

Le SaaS présente toujours des difficultés pour son intégration … Non !

Les éventuels problèmes d’intégration ne sont pas techniques. En effet, la plupart des outils proposent des possibilités d’interfaçage avec les autres briques du système d’information. Que ce soit par des APIs ou des web services, la communication sera facile. Les problèmes éventuels d’intégration sont plus à rechercher du côté des politiques de sécurité des départements informatiques.

Le SaaS permet aux équipes métier de s’affranchir des équipes informatiques … Non !

Effectivement, certaines équipes métier rêvent de pouvoir se lancer dans de tels projets sans avoir affaire à la lourdeur (c’est ce qu’ils disent) de leur DSI. Et pourtant, ils vont en avoir grandement besoin de leur DSI ! Pour un CRM, c’est d’autant plus vrai car le CRM, qu’il soit en SaaS ou pas, se retrouve très souvent au cœur du SI client. Imaginez un CRM qui ne discuterait pas avec l’ERP, les réseaux sociaux, les formulaires du site web, l’outil de tarification… Il perdrait une grande partie de son intérêt. Si en plus, à cela, on ajoute les problématiques de reprise de données ou encore l’intégration aux outils de bureautique ou encore au groupware…

Le SaaS permet une plus grande flexibilité des ressources … Oui

En effet, pour certaines solutions, il peut être intéressant de calibrer les ressources plus finement que d’habitude. Un service client pour une entreprise de bricolage en période de Fête des Pères, une enseigne dans l’univers de la mode en période de soldes. Avec une solution en mode SaaS, il est facile de prévoir des pics d’activité et ainsi adapter le nombre d’accès.

Le SaaS permet de bénéficier d’un support étendu … Oui

En mode acquisition, on est seul face à sa solution. En mode SaaS, c’est un hébergeur qui gère notre solution. L’hébergeur peut proposer des services pour des sociétés dont les activités sont étendues en 24/7. Imaginez une entreprise dont l’activité ne s’arrête jamais grâce à ses bureaux à Shanghai, Paris et San Francisco. Que faire si l’application tombe et empêche les bureaux chinois de travailler. Un hébergeur habitué à ces problématiques pourra vous proposer un système d’astreinte pour éviter ce type de désagréments.

En espérant que cela vous aidera à y voir plus clair…

 

Biographie

Après avoir démarré sa carrière en 1989 en tant qu'ingénieur puis chef de projet dans le domaine spatial au SEMA GROUP, David Gotchac s’oriente vers les fonctions marketing et commerciales. A cette occasion il conçoit, d’abord pour un usage interne et ensuite en tant qu’offre, un outil logiciel innovant couplant les fonctions d'agenda et d’annuaire de contacts, préfigurant les CRM modernes.
Fin 1992, David Gotchac reprend un petit éditeur de logiciel d’équipement de forces de ventes et l’emmène à la première place du marché français avant de le céder en 1997 au groupe HEPTA. Après avoir créé l’offre CRM en 1998 chez Syntegra (British Telecom Informatique), David Gotchac fonde E-DEAL en 1998 avec Imad Harfouche. Il est en charge du développement et de la gestion de l’entreprise mais conserve une large partie de son activité sur des sujets opérationnels, en particulier la direction des projets sensibles, des actions de conseil et l’accompagnement à la conduite du changement. Il dirige le comité produit en charge de la roadmap. David Gotchac a enseigné la Relation Client dans différentes grandes écoles dont HEC, il a été vice-président du CERCLE (Communauté d’Echange sur la Relation CLient en Entreprise).

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Commentaires (2)

  • Laëtitia Baret
    30.03.2017

    Merci de nous avoir éclairés sur le sujet du SaaS parce qu’il est vrai qu’on entend à peu près et son contraire sur le sujet…

  • Michael
    16.05.2017

    La maintenance à 15%… intéressant !!!

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